Lettre aux membres
de la filière feuillus
HETRE-ABOUTAGE-USINAGE
Bois massif reconstitué.

Le marché des grumes de bois durs ; chêne et hêtre a chuté en 1999.
Le chêne se redresse lentement.
Le hêtre, de plus en plus délaissé, continue sa régression.
Seuls, les gros et jolis bois semblent épargnes.

Ce phénomène a atteint des sommets dans les Pyrénées centrales où la quasi totalité des articles proposes par l’ONF lors des ventes de 2005, a Tarbes ont été adjuges a la SEBSO, centrale d’approvisionnement de l’usine de cellulose Tambec de Saint Gaudens, a des prix inférieurs de 50 % a ceux de 1999.
La Haute Garonne et l’Ariège, n’ayant rien a envier.
Les Pyrénées centrales ont perdues une grande part de leur activité forestière.

La raison de cette catastrophe ?

Ignorée de beaucoup, occultée par d’autres, aussi étonnant que cela puisse paraître a un étranger à la profession, cette catastrophe est due a l’absence presque totale, depuis longtemps, de modernisation de la filière bois, dans le domaine du sciage des bois durs qui vit encore au temps des scieurs de long. Son seul progrès ayant été l’invention de la scie a ruban.

Elle propose toujours aux utilisateurs, des planches non avivées, issues de grumes débitées en tranches parallèles, dans le sens de la longueur.
Ces débits, bruts, flacheux, parfois étroits ou courbes, rarement secs, comportent tous leurs défauts d’origine; cœur, nœuds, traces de blessure, parfois déformés ou taches par un baguéttage déficient.
Ces produits, issus de la scierie sont inutilisables par une industrie moderne; chacun devant louvoyer entre les défauts, à la manière des artisans, pour trouver les débits utiles a ses besoins; parfois sans succès, toujours au prix de pertes de bois et de temps inutiles et ruineux.

Certains proposent également des avives de premier choix, courts ou étroits, rarement utilisables.

Pour ces raisons, les industriels, escaliéteurs notamment; naguère importants utilisateurs de hêtre; fabricants de cercueil ainsi que menuisiers et autres artisans qui n’ont d’autre alternative que se tourner vers l’exotique. Beaucoup plus cher mais: long, large, avec peu de défauts.
Au détriment de notre balance commerciale et d’un prix de revient plus élevé.
En 2002, nous avons importé 60 % de nos besoins d’essences feuillues.
En 2004, nos importations d’exotiques se sont élevées a la somme de trois cents millions (300 000 000) d’euros, pour un cube, trop souvent non certifié de un million deux cents milles mètres cubes ( 1 200 000) m3 pendant que notre hêtraie se morfondait sur pied.

Une solution ?

Nous n’avons pas le choix !

Ce ne sont pas les slogans, la publicité ou les incantations qui ramèneront les clients perdus.
Notre hêtre dont nous sommes les premiers producteurs européens, dont la transformation est devenue obsolète, ne retrouvera ses utilisateurs d’antan, qu’au prix d’un sérieux lifting.
Nous devons, tout simplement reconvertir ces produits inutilisables en l’état, en marchandises appropriées pour les industries modernes.
Nous devons présenter des débits plus intéressants que ne propose l’exotique que nous devons concurrencer par un meilleur prix et une meilleure qualité. Convertissant ces produits invendables en marchandise plus attrayante encore que l’exotique.

Il faut offrir à nos industriels, ainsi que démontré et réclamé dans toutes les enquêtes, colloques, tables rondes ou commissions, souvent lettres mortes, ce que tous les utilisateurs attendent vainement; du prêt a l’emploi. Du prêt a usiner.
Ce sont, pour les gros utilisateurs, des débits sur liste, sans limitation de quantités et de longueurs, largeurs ou épaisseurs, toujours secs et de premier choix.

Pour les autres, des plateaux standard, à l’image de l’Isorel, dans lesquels, chacun pourra découper tous les débits utiles à ses fabrications.
Des carrelets de fort équarrissage, introuvables.
On ajoutera du parquet classique, en longueurs de 2 mètres et plus, à la place des coursons habituels; nous en sommes encore aux "morceaux" de 0,40 a 1,20 m.

Tous ces matériaux dont les besoins existent commencent a nous arriver de l’est; Roumanie, entre autre. Cette opération s’appelle:bois massif reconstitué ou mieux : bois abouté laméllé-collé.

Aujourd’hui ?
Lapeyre continue, avec succès de fabriquer des menuiseries aboutées ,en bois indigènes.
Les Landais, aboutent.
Une scierie du Cher pratique l’aboutage du chêne.
Quelques utilisateurs, faute de trouver les produits utiles, aboutent leurs débits.
Les tablettes de travail aboutées, lamellées, sont importées de Roumanie.

Mais : personne, en France, alors que les besoins sont immenses, ne pratique l’aboutage systématique du hêtre.

Dans les années 80, face aux difficultés d’écoulement de mes deuxième et troisième choix, avec les conseils du CTB, j’ai pratiqué l’aboutage pour la fabrication d’établis.

Le rendement matière était exceptionnel; les fils du bois, contraries rendaient ces produits indéformables ainsi que l’atteste un échantillon âgé de plus de 20 ans.
Depuis ce temps, les fabricants d’établis m’ont imité.



Tout en 5 x 7, abouté au kilomètre.

Issu de deuxième et troisième choix, tout a fait ordinaire du et nerveux.

Pas le moindre signe de gauchissement après plus de 20 ans, sans soins.

Un exemple concret, à voir!

Usinage simple, sans tenons ni mortaises.

Quelles sont les raisons de ce refus du progrès ?

La routine sans doute ? L’indifférence parfois.
Mais, peut être, aussi le freinage énergique de certains qui ne souhaitent pas partager leur gâteau ?
Un investissement important devrait bénéficier, comme cela a parfois existé, de certaines aides au sauvetage d‘industries en péril; primes et cautions, pour la création d’une première unité test devant servir de modèle au plan national. Et la création de nombreux emplois pérennes.
Des organismes a capital risque existent.

État des lieux dans les Pyrénées centrales.

- Il ne subsiste qu’une seule scierie dans le 65 qui en a connu 7; bien peu dans le 31.
- Fermeture programmée d’Alcan Aluminium à Lannemezan, générant près de 200 chômeurs.
- Les revenus des communes et des syndicats forestiers on vu leurs ressources chuter de 50 %.
- Les fabricants régionaux d’escaliers, a l’image des nationaux sont contraint d’utiliser de l’exotique.
- D’autres assemblent péniblement des morceaux d’avives pour l’élaboration des marches d’escalier.

Le projet :

Des créateurs ayant l’intention de moderniser énergiquement la filière hêtre, englobant le sciage et sa deuxième transformation.
Un homme de terrain connaissant parfaitement cette essence, particulièrement difficile a traiter, parfois dure et nerveuse, de nos montagnes ce qui est parfois un avantage. Ayant une bonne pratique du sciage mais, aussi du séchage et de l’usinage. Un financiers gestionnaires- planificateur et commercial, associé au précédent.

Une première unité test d’une capacité de 10 000 m3 produisant 50% de produits finis accompagnés par la même quantité de bois énergie ou cellulose serait la bienvenue dans les Hautes Pyrénées. La hêtraie, largement pourvue de routes de désertes et de pistes, a la capacité de fournir plusieurs unités de cette importance.
Les nombreux débouches aideraient une montée rapide en puissance.

Des questions et remarques :

Tous les propos, concernant ce problème sont systématiquement édulcores, pour ne pas dramatiser une situation devenue préoccupante.

Les comptes rendus d’après ventes, mentionnent une légère reprise des bois de 40 et plus; une sensible augmentation des bois de trituration sans autres explications.
Alors que: les gros bois, a part ceux destines au déroulage, achetés par des petits malins sont destines a concurrencer l’exotique.
Certains bois de trituration ne sont que des anciens bois de moyenne qualité destines autrefois au sciage qui, faute d’acheteurs, sont cèdes a bas prix par les communes.
Ces bois, de qualité moyenne étaient a la base, dans mon entreprise, d’un débouché intéressant après un aboutage fortement valorisant.
L’aboutage des petits diamètres en permet une utilisation rentable.

La renaissance de la filière hêtre représente des milliers d’emplois en puissance.
Une aide serait utile pour le sauvetage, la création d’emplois et le renouveau d’une branche industrielle, d’avenir, en péril.

Quel est le responsable privé, professionnel, officiel ou politique qui s’intéressera a ce projet ?
Quel est celui qui ’’secouera le cocotier’’ pour en faire choir des noix prolifiques ?

Mais, aussi, Quel est celui qui, conseillé, créera dans les Pyrénées, avant les autres, son entreprise de traitement moderne du hêtre, attendue par le marché ?

Quel est celui qui expliquera que les Roumains, les Italiens ou Espagnols, partis en retard nous talonnent ou nous dépassent pendant notre sommeil.
Que les Allemands nous ont déjà abandonnes sur le bord du chemin.

Une ultime question.
Existe t’il une autre solution pour rendre ses lettres de noblesses a notre vénérable essence qui se nomme hêtre; avant qu’elle finisse en cellulose ou bois énergie, a des prix de misère ?
Si oui, la quelle?

Pour dialoguer et construire : pierre-zome@wanadoo.fr